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Le bal des conscrits

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Création
Un spectacle
Par les communes

Créé le 7.VI.2014 à Vandières
Textes de Sébastien Weber
et Jean-Claude Faure.
Mise en scène d’Élodie Cotin
et Christian Termis
assistés de Lou Mary
Lumières et régie générale
de Mazda Mofid
Décors de Mazda Mofid, Saïd Sekouri
et Thierry Éveloy
Avec Élodie Cotin, Christian Termis,
Isabelle Morin, Bernard Assier,
Jean-Claude Faure, Lou Mary
Les habitants de Vandières,
Louvois, Germaine, Venteuil,
Fleury-la-Rivière,
la troupe du Chaudron
et les Fourberies des patelins
Contacts
Élodie Cotin
Émilie Renoir-Sibler (P.N.R.M.R)
03 26 59 44 44

Vandières — Juin 1914…

L’ambiance générale, en France, en Allemagne, en Europe, est belliqueuse. On montre volontiers les crocs, mais dans la population, pour le moment du moins, cela reste du jeu. Ailleurs — ministères, conseils d’administration, chancelleries —, ce n’est plus du jeu depuis un bon moment : la guerre se fera.

Le joueur de carte

Pour l’heure, le village de Vandières est en fête, en liesse même : les jeunes hommes ont été appelés sous les drapeaux. L’année d’école va s’achever et, en plus du Bal des Conscrits de la classe 1914, on fait kermesse. On a dressé le mât de cocagne, sorti le chamboule-tout, aiguisé le coupe-chou pour couper le cou des oies ; on a ouvert deux ou trois buvettes et tendu les façades de guirlandes aux couleurs de la nation. En plus des stands tenus par les habitants eux-mêmes, se joignent aux festivités quelques forains : diseuses de bonne aventure, etc. Cependant, le village vit à son heure, c’est-à-dire que s’y promènent beaucoup de gniards, surexcités, et des hommes et des femmes : un charbonnier, le garde-champêtre, pompiers, vigneronnes, ménagères, bedeau, chaisières, institutrice, curé, édiles, paysans, etc. Les cafés sont ouverts en grand, toutes tables dehors puisqu’il fait un temps radieux.

Pendant ce temps, les conscrits tournent de porche en porche et se voient offrir le coup de vin. Place de la mairie, répétition aussi : la troupe de l’Illustre Compagnie va donner quelque scénette patriotique, avant le bal des conscrits, le soir.

Les villageois ont de nouveau endossé les costumes pour retracer les différentes scènes. La compagnie a mis en place des ateliers dans les communes de Vandières, Louvois, Germaine et Venteuil : ce sont pas moins de 150 participants qui ont animé le village…

Photographie(s) : Antoine Éloi

L'Union — Février 2014

Collecteur de mémoire

VANDIERES (51). Commémorer le centenaire de la Grande Guerre autrement : tel est le but de ces comédiens qui organisent « Le bal des conscrits ». Comme en 1914.

Les organisateurs n’attendaient pas autant de monde pour ce premier rendez-vous. Invitées par la commune de Vandières, en partenariat avec le Parc naturel régional de la Montagne de Reims et la Compagnie du Diable à 4 pattes, ce sont pourtant environ 25 personnes, qui étaient présentes jeudi 20 février dernier à une réunion d’informations sur la mise en place d’un spectacle de théâtre qui aura lieu le samedi 7 juin prochain.

Élodie Cotin, la directrice artistique de la compagnie de théâtre, a d’abord présenté le projet dont le but est de commémorer le centenaire de la Grande Guerre autrement. « Nous ne travaillons pas sur des textes écrits> », a-t-elle expliqué. « Notre objectif est de faire une collecte de mémoire avec les habitants des villages, de parler de la vie des gens dans les communes à cette époque. »

Un beau village très affecté pendant le conflit

L’idée est de monter des ateliers gratuits de théâtre ouverts à tous les habitants de Vandières et du Châtillonnais de 7 à 77 ans ou plus. L’évènement appelé « Le bal des conscrits », qui se déroulera sur une journée, est basé sur le thème d’une grande kermesse composée de différentes saynètes dans les rues de Vandières représentant la vie de village en 1914, suivies d’un spectacle joué par la troupe, puis d’un grand bal.

Prochain rendez-vous le jeudi 6 mars

Le projet lancé à Louvois en 2013 avait réuni une centaine d’habitants et plus de 500 visiteurs, des chiffres que les organisateurs espèrent égaler, voire dépasser à Vandières en juin prochain.

Les participants ont immédiatement adhéré au projet et un second rendez-vous a été fixé au jeudi 6 mars à 18 h 30 dans la salle des fêtes de Vandières. Toutes les personnes intéressées sont invitées à y participer.

L'Union — 11 février 2014

Vandières – Théâtre : Le bal des conscrits se prépare

La commune de Vandlères avec le Part naturel régional de la Montagne de Reims et la Compagnie du Diable à 4 pattes propose aux habitants et à ceux des environs d’accueillir et de participer à un spectacle de théâtre « Le bal des conscrits » qui prendrait place dans les rues du village, le 7 juin. Un appel est lancé à tous les fondus d’histoire locale, aux passionnés de théâtre ou aux débutants petits ou grands pour mettre en œuvre ce projet.

« Le bal des conscrits » s’nscrit dans un projet global intitulé « Par les communes » destiné à valoriser grâce au théâtre la mémoire de la Guerre 14-18 à l’arrière du front dans les 68 communes labellisées quelques décennies plus tard « Parc naturel régional ».

Le Parc propose aux habitants de mettre à leur disposition un dispositif original mêlant spectacles, ateliers de pratique culturelle et accompagnement des projets de commémorations prévues jusqu’en 2018. L’opération a débuté en 2013 à Louvois avec un spectacle interprété par les habitants et la Compagnie du Diable à 4 Pattes.

La tête de Marie-Antoinette

Au pied de la charrette des conscrits, Manon. Entre Arthur en courant, tout essoufflé.

Arthur, montrant un diadème de théâtre. – Regarde ce que je te ramène !

Clémentine. – Fais-voir, c’est quoi ?

Arthur, lui donnant le diadème. – Une couronne.

Clémentine, prenant le diadème, l’examinant. – Un diadème… (Un temps.) C’est un vrai ?

Arthur. – Un peu que c’est un vrai !

Clémentine. – Tu l’as trouvé où ?

Arthur. – Là-bas.

Clémentine. – Là-bas où ça ? Au château ?

Arthur. – Pile-poil. Au château.

Clémentine. – Arrête ! Par terre, comme ça ?

Arthur. – Mais non. (Un temps.) Il était à moitié enterré. (Un temps.) Du côté des tombes.

Clémentine. – Tu te fous de moi ? Tu es allé du côté des tombes ?

Arthur. – Et ouais !

Clémentine. – N’importe quoi. Personne ne va là-bas.

Arthur. – Je te jure que c’est vrai. Même que le boiteux a lâché ses chiens sur moi !

Clémentine. – N’importe quoi !

Arthur. – Je te jure ! (Montrant un accroc à sa culotte.) Regarde… Tu vois !

Clémentine. – Attends. Tu es allé du côté des tombes et puis il y avait ce truc-là par terre ?

Arthur. – Non, non. Il a fallu que je le déterre.

Clémentine. – Que tu le déterres ?

Arthur. – Ouais. Regarde…

Arthur montre ses mains à Clémentine.

Clémentine. – Ouah ! (Un temps.) Enfin, en même temps, tu as toujours les mains un peu crasseuses, hein…

Arthur. – Je l’ai déterré, je te dis. (Un temps.) Et même que…

Un temps.

Clémentine. – Même que quoi ?

Arthur. – Et même qu’il était vissé sur un crâne.

Clémentine. – Sur un crâne ?

Arthur. – Un crâne de femme ! (Clémentine lui jette le diadème.) Il y avait encore des cheveux partout. Et puis de la peau. C’était horrible.

Clémentine. – Ah, mais c’est dégueulasse !

Arthur. – Mais je l’ai lavé, qu’est-ce que tu crois ?

Clémentine. – Beurk !

Un temps. Clémentine reprend le diadème.

Arthur. – Mais le plus bizarre…

Clémentine. – Quoi ? (Un temps.) Quoi ?

Arthur. – Le plus bizarre… C’est que la tête…

Clémentine. – Ben quoi la tête ?

Arthur. – La tête… Elle n’était pas avec le corps !

Clémentine. – Quoi ?

Arthur. – Il n’y avait pas de corps avec. Il n’y avait que la tête.

Clémentine. – Beurk ! (Elle jette le diadème à nouveau.) Mais comment tu le sais ?

Arthur, montrant ses mains. – Ben, j’ai creusé, figure-toi.

Clémentine. – Mais c’est affreux !

Arthur. – Ouais. Affreux.

Clémentine. – Mais pourquoi ?

Arthur. – Pourquoi quoi ?

Clémentine. – Pourquoi il n’y avait que la tête ?

Arthur. – Qu’est-ce que j’en sais, moi ?

Clémentine. – Où est-ce qu’il est, le corps ?

Arthur. – Je ne sais pas. Ils ont dû le jeter dans une fosse…

Clémentine. – Qui ça, « ils » ?

Arthur. – Ceux qui lui ont coupé la tête. Le corps d’un côté, la tête de l’autre. Ou alors ils l’ont brûlé.

Clémentine. – Mais pourquoi ils feraient ça ?

Clémentine reprend le diadème.

Arthur. – Je ne sais pas. Une sorcière ?

Clémentine. – Une sorcière avec un diadème ?

Arthur. – Ben je ne sais pas, une sorcière noble.

Clémentine. – Ah ouais ! Une comtesse qui buvait du sang.

Arthur. – Ah ouais, du sang pour rester jeune pour toujours.

Clémentine. – Du sang d’enfant…

Arthur. – Du sang de bébé !

Clémentine. – Beurk !

Arthur. – Ouais, beurk…

Un temps.

Clémentine. – Ouais, mais… S’il y avait eu une sorcière buveuse de sang de bébé à Vandières, on le saurait.

Arthur. – Ben, peut-être que personne ne veut s’en souvenir.

Clémentine. – Mouais, non. Non, je ne crois pas. Ça doit être autre chose…

Arthur. – Ouais, tu as raison. (Un temps.) En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’ils la détestaient.

Clémentine. – Ouais, puis pas qu’un peu.

Arthur. – Lui couper la tête et puis brûler son corps, ils devaient sacrément la détester. Tu imagines ?

Clémentine. – Oh, la pauvre !

Arthur. – Puis, à tous les coups, ils ont fait ça avec une vieille scie rouillée. Grîîîînng, grîîîînng, grîîîînng, grîîîînng…

Clémentine. – Oh…

Arthur. – Puis, tu imagines, tout autour, il devait y avoir les gens qui regardaient, qui riaient, qui applaudissaient… « Coupez-lui la tête ! », « À mort ! À mort ! »…

Clémentine. – Et puis peut-être qu’ils avaient obligé ses enfants à regarder.

Arthur. – Ouais.

Clémentine. – Puis les enfants pleuraient.

Arthur. – Ah ouais. Puis les autres, ils les tenaient par les cheveux, comme ça, en criant : « Regardez ! Regardez ! » Grîîîînng, grîîîînng, grîîîînng, grîîîînng…

Clémentine. – Oh, les pauvres.

Arthur. – Ouais.

Clémentine. – C’est comme Marie-Antoinette.

Arthur. – Ah ouais, c’est ça ! Ça se trouve, c’est la tête de Marie-Antoinette.

Clémentine. – Elle est morte à Paris.

Arthur. – Qu’est-ce que tu en sais ? Tu y étais ?

Clémentine. – C’est Madame Dumérieux qui nous l’a appris.

Arthur. – Elle y était, Madame Dumérieux ?

Clémentine. – Ben, je ne crois pas, non.

Arthur. – Ben alors, tu vois. En fait, on n’en sait rien. Ça se trouve, c’est vraiment la tête à Marie-Antoinette. C’est vraiment sa couronne.

Clémentine. – Son diadème…

Arthur. – Imagine : après lui avoir coupé la tête avec sa hache, le bourreau…

Clémentine. – Avec la guillotine…

Arthur. – Ouais, enfin, après lui avoir coupé la tête, le bourreau…

Clémentine. – Samson…

Arthur. – Samson ? C’est le nom du bourreau ?

Clémentine. – Oui…

Arthur. – Bon, Samson. Alors, tu vois, Samson, il range ses outils, sa guillotine, tout ça. C’est le soir, il n’y a plus personne. Tout le monde est parti. Il est tout seul avec les deux morceaux de Marie-Antoinette. Puis tout d’un coup, surgissant de nulle-part, le comte arrive !

Clémentine. – Le comte ? Quel comte ?

Arthur. – Le comte de Vandières !

Clémentine. – Le comte de Vandières ? Mais il n’était même pas né !

Arthur. – Ben son père, alors. Il s’approche…

Clémentine. – Mais pourquoi ?

Arthur. – Attends, attends ! Il s’approche du bourreau, comme ça, en douce, tu vois. Il porte un masque, une cape, tout ça. Il s’approche. Alors, le bourreau dit : « Qui va là ? » Le comte : « N’aie pas peur, Samson, n’aie pas peur… »

Clémentine. – « N’aie pas peur », au bourreau ?

Arthur. – Oui, enfin, bon, bref, ils discutent, quoi. « — Que veux-tu, homme masqué ? — J’œuvre en secret pour l’honneur d’une dame à qui tu viens de trancher le cou… La Reine ! — Qui es-tu ? — Je suis la main de Dieu, le comte de Vandières ! — Et que veux-tu, Dieu de Vandières ? — Je veux rendre la dépouille de la malheureuse à la terre de ses ancêtres. — Non, elle finira à la fosse commune, comme tous les sales nobles ! À la garde, à la garde ! » Alors le comte – enfin le père du comte – il dégaine son sabre – tchac, tchac, tchac – il tue Samson en combat singulier et il emporte la tête de Marie-Antoinette, et seulement la tête parce que les gardes ont entendu le duel et qu’ils sont trop nombreux pour qu’il les tue tous.

Clémentine. – Ouais…

Arthur. – Ouais, c’est ça, je suis sûr que c’est ça.

Clémentine. – Ben, Marie-Antoinette, quand même, elle était Autrichienne.

Arthur. – Oui, et alors ?

Clémentine. – Ben, la terre de ses ancêtres…

Arthur. – Ah, ouais. C’est pas tellement dans le coin, l’Autriche ?

Clémentine. – Ben non, pas tellement, non.

Arthur. – Ah, ouais…

Clémentine. – Mais peut-être que en fait le comte – enfin le père du comte…

Arthur. – Ouais ?

Clémentine. – Ben peut-être qu’en fait, il avait recueilli le fils de Marie-Antoinette, qu’il l’avait délivré de la prison avant qu’on ne lui coupe la tête, à lui aussi.

Arthur. – Ah, ouais !

Clémentine. – Et puis que le fils avait supplié le père du comte de l’aider à enterrer sa mère en terre chrétienne. Tu vois, avant de fuir. « Monsieur de Vandières, vous êtes le sauveur de mon corps, mais ma vie ne vaut rien si je ne puis dignement enterrer Maman. — Je comprends, mon garçon, je comprends et au péril de ma vie j’affronterai Samson, le bourreau scélérat qui la décapita, pour arracher de ses mains sanglantes la dépouille encore chaude et tremblante de ta chère Maman. — Je viens avec vous ! — Non, c’est trop dangereux, cache-toi, j’irai seul. Et si à l’aube tu ne m’as point revu, fuis, et que Dieu te garde ! — Jamais, Monsieur le Comte, jamais. Ce serait un déshonneur. Je veux me battre ! »

Arthur. – Ah ouais ! Puis il avait une épée.

Clémentine. – Ouais. Puis on dirait que le comte avait une écuyère fidèle qui l’accompagnait partout et qu’elle les aidait contre Samson !

Arthur. – Ouais ! Et alors ils se sont battus contre Samson ! Et le fils de Marie-Antoinette a planté son épée dans l’œil de Samson, comme ça, tchac ! Arrgh !…

Clémentine. – Mais les gardes étaient trop nombreux, attention, là, derrière toi, tiens prends ça dans le ventre ! Il y en a partout ! Ils sont au moins cent ! Tiens ! Tiens ! Fuyons, ils sont trop nombreux !

Arthur. – Alors ils prennent la tête, parce que le corps est trop lourd !

Clémentine. – L’écuyère met la tête dans son sac ! Ils galopent toute la nuit !

Arthur. – Poursuivis par les gardes !

Clémentine. – L’écuyère reçoit une flèche dans la poitrine ! Ah… La tête de Marie-Antoinette va tomber !

Arthur. – Le fils du comte la rattrape ! « Je l’ai ! Tiens bon, ma fidèle écuyère, tiens bon ! Vandières est à dix lieues ! »

Clémentine. – Ah… Ah… Malgré sa blessure, elle tue encore dix gardes ! Tchac, tchac, tchac !

Arthur. – « Nous arrivons ! Nous sommes arrivés ! » Alors ils arrivent à Vandières.

Clémentine. – Ils vont dans le jardin du château.

Arthur. – Le fils de Marie-Antoinette creuse un trou.

Clémentine. – « Attends, je vais t’aider… »

Arthur. – « Non, tu es blessée, tu es pleine de sang, repose-toi. Et puis c’est à moi de le faire, c’est à moi d’enterrer la tête de ma mère. Voilà. C’est fait. Il ne reste plus qu’à mettre une croix. — Non, mon petit, hélas ! Il faut que sa tombe reste secrète, car nos ennemis sont innombrables et pourraient la découvrir. »

Clémentine. – « Ah… Amen. Adieu, je meurs… »

Arthur. – Mais non, car heureusement le vieux gardien du château est un peu chirurgien et il soigne l’écuyère.

Clémentine. – Ouais, puis après le comte, enfin le père du comte, il a fait croire que le fils de Marie-Antoinette c’était son fils à lui, parce qu’en fait il ne pouvait pas avoir d’enfant, parce que sa femme elle était morte, et puis qu’il ne voulait pas se remarier. Puis le comte, il a épousé l’écuyère.

Arthur. – Ah ouais, c’est ça ! Mais alors en fait, le comte, c’est le Roi !

Clémentine. – Ouais !

Un temps.

Arthur. – Tu vois, en même temps, je m’en doutais un peu.

Clémentine. – Ah ouais ?

Arthur. – Ah ouais. Tu vois, ses manières, là, il se cache tout le temps, on ne le voit jamais. Je suis sûr qu’il sait se battre à l’épée.

Clémentine. – Ah, ben ça, c’est sûr, hein, comme tous les nobles.

Arthur. – Ouais, mais lui, il a la tête de sa mère dans son jardin. Tu vois un peu ?

Clémentine. – Ouais, c’est vrai, quand même. Moi, je n’aimerais pas avoir la tête de ma mère dans mon jardin.

Arthur. – Ah, ouais, beurk ! Tu vas cueillir une salade et pôf !

Clémentine. – Je veux dire, même si elle était Autrichienne et noble, je ne voudrais pas.

Arthur. – Ouais, non, beurk.

Un temps.

Clémentine. – Tu devrais peut-être te laver les mains…

Arthur. – Bof, ce n’est pas l’heure de manger.

Clémentine. – On fait quoi ?

Arthur. – On va à la fête ?

Clémentine. – Oh, ouais ! Il y a quoi ?

Arthur. – Il y a une roulotte avec des monstres !

Clémentine. – Arrête, c’est pas vrai !

Arthur. – Je te jure. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer !

Clémentine. – Et il y a quoi comme monstres ?

Arthur. – Une femme-babouin !

Clémentine. – Non !

Arthur. – Si, je te jure ! Et puis une pieuvre qui parle !

Clémentine. – Non !

Arthur. – Je te jure !

Clémentine. – Mais comment tu le sais ?

Arthur. – Parce que… Parce que… Mais viens, on y va, je te raconterai en chemin.

Ils sortent.

 
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