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El Mahrussa

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Création
Textes : Sébastien Weber
et Bernard Weber
Mise en scène : Élodie Cotin
assistée de Raphaël Dubois, Lou Mary, Bernard Quental,
Franck Rabilier, Christian Termis
et Sébastien Weber
Dir. technique : Alexandre Viala
Avec les membres des Fourberies des patelins.
Contacts
Élodie Cotin
Prochainement
Le 3 juillet 2020  à 20 h 30 (lieu en cours de validation)  Le 4 juillet 2020  à 20 h 30 (lieu en cours de validation)  Le 5 juillet 2020  à 14 h 00 (lieu en cours de validation) 

Ça recommence…

Trois ans après 3 villages sur le front, qui fut un succès, les Fourberies des patelins ont décidé de recommencer l’aventure d’un spectacle participatif. Trois communes s’associaient à l’épopée précédente ; elles sont au nombre de huit la nouvelle.

Le principe est le même : des ateliers de théâtre gratuits et ouverts à tous, des rôles écrits « sur mesure », un spectacle au début de l’été. Cette année, ce sera El Mahrussa, un cape-et-d’épée baroque…

El Mahrussa ou la première mort de l’évadé

Vers 1602, 1603, dans les environs de Rosnay, la nuit vient de tomber, et c’est une mauvaise nuit de brouillard et de pluie, propre à égarer les voyageurs. En voici justement trois. Ou plutôt deux : un sergent de la prévôté de Reims et son archer qui poussent et tirent un prisonnier enchaîné. À midi sonnant le lendemain, il faut être à Reims : le coquin doit répondre d’adultère et de rapines ; on lui prédit le gibet ; il clame son innocence : la fille était jolie, c’est bel et bien « Oui » qu’elle a dit et son mari en aucun cas n’a été privé d’argent, d’un petit morceau de son honneur tout au plus et c’est bien peu. On le fait taire : la nuit vient de tomber et le chemin est perdu. Ah, là-bas, une lumière, enfin ! Serait-ce… ? Oui, c’est une auberge ! Ou cela y ressemble. En tout cas, on y fera halte.

L’étrange assemblée qui gîte là… Voilà un chevalier et son écuyer, tous deux bien jeunes ; un comte et sa comtesse ; l’abbé d’une contrée reculée ; un marchand d’Ayutthaya, ses serviteurs et ses commis ; d’autres encore ; enfin l’aubergiste et sa femme : prévenants, trop peut-être, presque onctueux, et entourés d’assez d’enfants pour peupler la Guyane. « — Peut-on loger ? Peut-on manger ? Peut-on boire ? — Autant que Morphée, Limos et Dionysos vous le commanderont, messieurs. Prenez-place. Qu’on les serve ! » La chère est succulente et le vin coule en rivières. C’est une mauvaise nuit, mais au-dedans, il la fait bon passer. « Hé, de quoi cet homme s’est-il rendu coupable ? On peine à le croire un criminel. Regardez comme il a bonne figure. — Détrompez-vous ! » Le sergent a sa théorie. « Dites-la ! » Il l’expose : tout se lit sur un visage, le vice, le crime ou la bonté, il suffit de savoir lire, et celui-là, qu’on jurerait tombé du Ciel, est trahi par certaines marques qu’il porte à la face. « — Non ? — Si ! — Lesquelles ? — Là, voyez, et là… »

La théorie du sergent de la prévôté de Reims est soutenue par les uns, décriée par les autres, au premier rang desquels le prisonnier lui-même qui voudrait qu’on le jugeât sur des faits et non sur l’impression que l’on retirerait de l’observation de sa tête. On s’échauffe et comme l’on boit pour se refroidir, l’on s’échauffe toujours davantage. À la fin, il faut trancher, d’autant que le mot « honneur » a été jeté et qu’à l’époque il est le signal qu’on peut se donner raison à coups d’épée.

C’est la comtesse qui a l’idée : comme l’on ne saurait fonder une opinion ferme sur le seul exemple de ce jeune homme, pourquoi ne pas se donner matière à réfléchir avec une petite pièce de théâtre ? Cet art singulier qui consiste à se faire passer pour un autre et à contrefaire ses sentiments n’est-il pas tout indiqué ? Et le sujet de cette petite pièce, ce pourrait être cette étrange aventure authentique dont la comtesse fut le témoin quelque temps auparavant, où personne n’était vraiment qui l’on croyait et où, pour arracher les masques, il eût fallu arracher les peaux.

Ah, eh bien oui — et puis la nuit est longue. Qui jouera ? Le chevalier verse dans la tragédie, son écuyer dans le comique ; l’aubergiste incarne une fois l’an Joseph aux mystères du bourg et son épouse, Marie ; monsieur le comte n’aime rien tant à ses fêtes que jouer les fols et la comtesse est rompue à la déclamation ; quant aux enfants, que le brouillard inquiète, rien de tel pour les distraire. La troupe est faite. La comtesse distribue les rôles et donne à chacun la part d’intrigue menée par son personnage.

On perce encore un tonneau ou deux, on allume quelques chandelles de plus : que la pièce commence.

 
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