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La fiancée du Surmelin

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Création
Une résidence
Avec les communes

De sept. 2017 à fév. 2019
dans la Vallée du Surmelin.

Textes : Sébastien Weber, Antonin Ottenwaelter et Raphaël Dubois
Mise en scène : Élodie Cotin, Christian Termis, Christelle Garand
et Raphaël Dubois
assistés de Lou Mary
et Sébastien Weber
Musique : Rémi Costa et Lou Mary
(et G.e Verdi, pour complicité)
Piano : Vincenzo Mingoia
Gestion costumes : Lou Mary
Dispositif scénique : Ionah Mélin
Régie générale : Rémi Leclère
Lumières : Alexandre Viala
Avec Élodie Cotin, Raphaël Dubois,
Christelle Garand, Lou Mary,
et Christian Termis
ainsi que, bien sûr, les villageois
de la Vallée du Surmelin.
Contacts
Élodie Cotin, Thyphen Ferry,
Chantal Toubart
(ass. Vallée du Surmelin)
06 30 85 04 44
Partenaires
Cette résidence reçoit
le soutien de la CRESCA

Une vallée…

L’association Vallée du Surmelin, forte des quinze villages qui la constituent, a choisi le Diable à 4 pattes pour mettre sur pied un grand projet qui concernera tous les villageois de la vallée et courra de la fin 2017 au début 2019. Il s’agira ni plus ni moins de créer un feuilleton théâtral pour et avec les habitants des communes…

Et sa fiancée…

L’argument tient en peu de mots : pour les besoins en eau potable du Paris nouvellement remodelé par Haussmann, Napoléon III envoie des bataillons d’ingénieurs prospecter les vallées avoisinant la capitale afin de dénicher les sources et les cours d’eau qui pourraient être détournés. Le Surmelin présente des avantages qui le placent en tête des candidats. Napoléon va pour trancher en sa faveur. Mais l’impératrice Eugénie, qui a visité la vallée dudit Surmelin, s’oppose à la décision, arguant que ce serait signer l’arrêt de mort d’un lieu exceptionnel, tant par sa beauté que par la douceur des mœurs de ses habitants. Parallèlement, les « Surmelinois », alertés des funestes projets gouvernementaux concernant leur pays, se mêlent de leur destinée et organisent ce que nous appellerons la « fronde ».

Fantaisie historique…

C’est ici que s’arrête la vérité historique et que nous entrons de plain-pied dans le domaine de la fantaisie… Ayant appris par des indiscrétions d’Eugénie, leur alliée objective dans cette affaire, que Napoléon cultive une passion débridée pour l’opérette, les révoltés du Surmelin décident de jouer leur va-tout en se lançant dans la création d’une opérette destinée à infléchir la position de l’empereur : La fiancée du Surmelin. La trame de cette œuvre, que composera le chef de la chorale municipale et que chanteront les voix les plus fermes et les plus assurées des révoltés, repose sur la figure tutélaire des lieux, Moïsette, une orpheline trouvée tantôt dans un berceau d’osier flottant sur la petite rivière et qui vit désormais dans une petite maison au bord de l’eau, solitaire mais aimée de tous. L’on compose, l’on répète, l’on se prépare. Il s’agit d’impressionner l’empereur et de le gagner à la cause de la préservation des eaux. Complotant avec les révoltés, Eugénie convainc son époux de se rendre à l’invitation des habitants de la vallée qui veulent lui soumettre leurs doléances. Il est loin de s’attendre à un tel spectacle.

Mais tout n’ira pas sans embûche, car jusque parmi les conjurés eux-mêmes se dissimulent les traîtres sans lesquels ni drame ni comédie n’existeraient…

Le goût de l'eau

Haussmann, à Napoléon. – Les travaux, les travaux. Cela prend forme, la tournure est bonne, votre altesse, c’est magnifique. Tout est éventré. D’ici peu, les rues de Paris seront sûres. La garde pourra s’y lancer sans encombre et donner l’assaut aussi souvent que nécessaire. Bientôt, mater les révoltes ne sera plus qu’un simple exercice de voirie. Bien sûr, par amour pour l’histoire de notre grande nation et pour complaire à monsieur Viollet-le-Duc, nous conserverons çà et là quelques ruelles tortueuses, quelques ruines décaties, mais partout, partout ailleurs, de larges boulevards brillamment éclairés, des becs-de-gaz, des rues pavées, le tout-à-l’égout  ! Finie la boue putride dont on était souillé au moindre pas, mêlée de sang de bête et d’excrément d’homme. L’hygiène, enfin  ! La propreté, la clarté  ! Sur les grands boulevards, les belles façades des immeubles neufs seront percées de hautes fenêtres pour apporter en abondance la lumière du jour dans les foyers et, la nuit venue, le gaz suppléera à l’absence du soleil. Rasés, les taudis où s’entasse la lie dégénérée de l’humanité, chassés les pauvres et les indigents, écartée la racaille, ouvriers, Poitevins arriérés, Bretons avinés, Italiens débauchés, dehors tout cela, dehors  ! Plus loin, ailleurs, loin, loin, loin de votre vue, votre altesse. Votre capitale enfin n’aura plus à souffrir l’odieuse comparaison avec Londres.

Napoléon. – Ah, je sens que le peuple va m’aimer encore davantage.

Haussmann. – Mais plus que jamais, votre altesse, plus que jamais. Votre peuple vivra désormais dans le confort et la concorde.

Napoléon. – Quelle joie  ! Il ira à l’opéra  !

Haussmann. – Bien sûr, votre altesse, à l’opéra, mais aussi aux bains, au bois, dans les galeries marchandes. Partout, la ville lui offrira l’agrément auquel il aspire… Mais  !

Napoléon. – « Mais »  ?

Haussmann. – Oui  : « Mais  ! »

Napoléon. – « Mais  ! » Je sais ce que vous allez dire.

Haussmann. – Oui  ?

Napoléon. – L’eau.

Haussmann. – Oui, l’eau. En effet, votre altesse, l’eau. L’eau de Paris est tout à la fois insuffisante et infecte, et pire, nous savons désormais de manière certaine qu’elle joue un rôle déterminant dans la propagation du choléra.

Napoléon. – Non  ?

Haussmann. – Hélas. Il faut agir.

Napoléon. – Oh oui  !

Haussmann. – C’est pourquoi, votre altesse, à votre demande…

Napoléon. – Oui  ?

Haussmann. – J’ai mis tantôt sur pied la commission en charge de l’étude de la rénovation de l’alimentation en eau fraîche et potable de la ville de Paris.

Napoléon. – Le  ? La  ?

Haussmann. – La C.C.E.R.A.E.F.P.P.

Napoléon. – La C.C… Ah oui  ! Ça y est, j’y suis, oui, oui, pardon. Oui  ?

Haussmann. – Elle vient tout juste de me rendre ses conclusions.

Haussmann tend un volumineux rapport à Napoléon.

Napoléon, justement effrayé par le poids du rapport. – Oh la  ! Et que disent-elles, ces conclusions  ?

Haussmann. – Vous ne lisez pas  ?

Napoléon. – Plus tard. Résumez-m’en l’essentiel.

Haussmann. – Bien. (Entrent Eugénie et Jeannette, cette dernière portant des rafraîchissements et les distribuant.) Merci.

Napoléon, à Jeannette. – Non, non, ça ne me dit rien. Vous n’auriez pas plutôt une cassolette d’escargots  ? Je ne sais pas ce que j’ai ces temps-ci, j’éprouve d’inexplicables envies de persillade. (Jeannette sort. À Haussmann.) Pardon. Vous disiez  ?

Haussmann, déployant une carte sur une table. – Pour alimenter le nouveau Paris en eau pure et abondante, les sources de la ville même sont notablement insuffisantes. Il convient donc de s’approvisionner ailleurs. Les ingénieurs qui ont effectué les recherches s’accordent tous à dire que le meilleur endroit où effectuer le captage se situe là.

Napoléon, penché sur l’endroit de la carte que pointe l’index exquisément manucuré et racé de Haussmann. – Ici  ?

Haussmann. – Précisément.

Napoléon. – Le Surme… Le Surle… Le Surleme  ? Le…  ?

Haussmann. – Le Surmelin.

Napoléon. – Le Surmelin. C’est une rivière  ?

Haussmann. – En effet, votre altesse. Une rivière qui présente tous les avantages d’un débit important et d’une qualité de ses eaux parfaite.

Napoléon. – Eh bien, c’est réglé, l’affaire est dans le sac. Il me tarde de me faire couler un bain de cette eau pure  !

Haussmann. – Nous n’en sommes pas là, votre altesse. Il reste quelques points à régler avant même de commencer les travaux. À commencer par l’expropriation.

Napoléon. – Un décret. Décrétons, décrétons. Une signature et puis voilà.

Eugénie. – Si je vous comprends bien, monsieur le préfet, cette commission, la… la…

Haussmann. – La C.C.E.R.A.E.F.P.P.

Eugénie. – Voilà… Préconise de détourner les eaux de toute cette vallée, là… (Elle montre la vallée sur la carte.) Pour alimenter Paris  ?

Haussmann. – C’est cela même.

Eugénie. – Mais cette vallée…  ?

Haussmann. – Oui, votre altesse  ?

Eugénie. – N’est-elle pas habitée  ?

Haussmann. – Habitée  ? Euh, oui, non. Enfin, je ne sais pas.

Eugénie, lisant la carte. – Ce sont bien des villages, ce me semble, ces petits points-là  ? Montmort, Lucy, Le Breuil… Non  ?

Haussmann. – C’est fort possible, oui.

Eugénie. – Et j’imagine que ces villages abritent un certain nombre d’habitants.

Haussmann. – Ah, sans aucun doute.

Eugénie. – Et donc, après que Paris aura détourné leur eau, les habitants de ces villages n’en auront plus, d’eau  ?

Haussmann. – Eh bien, eh bien… Eh bien non.

Eugénie. – Cela ne risque-t-il pas, monsieur le préfet, de leur compliquer quelque peu l’existence  ?

Haussmann. – Eh bien, votre altesse, non, ce sont des… Des…

Eugénie. – Des  ?

Haussmann. – Des…

Eugénie. – Des  ?

Haussmann. – Ce sont des paysans.

Eugénie. – Des paysans  ?

Haussmann. – Oui, voilà, des paysans, de rudes gaillards qui boivent du vin pour l’essentiel et qui ne se lavent pour ainsi dire jamais.

Eugénie. – Ah  ?

Haussmann. – Jamais. C’est de notoriété publique, les habitants du Surmelin ont une sainte horreur de l’eau.

Eugénie. – Ah. Si bien, en quelque sorte, que la ville de Paris s’apprête à leur rendre un fier service  ?

Haussmann. – Voilà. C’est tout à fait cela. Vous avez parfaitement résumé la situation, votre altesse. D’ailleurs, le préfet du département en question, un certain Rastagnac je crois, fait état dans son dernier rapport de l’enthousiasme délirant des populations.

Napoléon. – C’est formidable  ! Il n’y a plus qu’à. Préparez le décret, je signe aussitôt.

Haussmann. – Je m’y emploie sur le champ, votre altesse. (À Eugénie.) Mes hommages.

Eugénie. – Monsieur le préfet.

Haussmann sort.

Napoléon. – Il est bien, ce baron. Il ne coupe pas les cheveux en quatre. Il va droit au but. Il me plaît.

Eugénie. – Une chose, Louis…

Napoléon. – Oui  ?

Eugénie. – Votre peuple…

Napoléon. – Mon peuple  !

Eugénie. – Vous l’aimez  ?

Napoléon. – Si je l’aime  ? Mais mon peuple, mais c’est la France, et la France, c’est mon cœur  ! Si je l’aime  !

Eugénie. – Dans ce cas, Louis, mon ami, je vous conseille de tempérer un peu votre ardeur à vouloir signer ce décret…

Napoléon. – Ah, vous croyez  ?

Entre Jeannette.

Jeannette. – La cassolette d’escargots de son altesse impériale.

Eugénie. – Je le crois, Louis, je le crois. (À Jeannette.) Merci, Jeannette.

6 représentations


Le 30 juin 2018 à 20 h 00
sur la grand' place d'Orbais-l'Abbaye

Le 29 juin 2018 à 20 h 00
sur la grand' place d'Orbais-l'Abbaye

Le 15 avril 2018 à 14 h 30
au gymnase du collège de Montmort-Lucy

Le 14 avril 2018 à 18 h 30
au gymnase du collège de Montmort-Lucy

Le 12 octobre 2017 à 18 h 30
réunion d'information sur le premier épisode de la Fiancée du Surmelin à la mairie de Montmort-Lucy

Le 24 septembre 2017 à 11 h 00
pique-nique tiré du sac dans les jardins de la mairie à Le Breuil

 
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