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Le petit caporal

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Création
Spectacle créé le 23.II.2016
à la
M.J.C Intercommunale d'Aÿ.
Avec  Christian Termis
Mise en scène de Élodie Cotin
assistée de Lou Mary
et Sébastien Weber
Texte de Sébastien Weber
Costumes de Nataliya Latunova
Lumières et régie générale
de Mazda Mofid
Photo affiche : Chantal Cotin.
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Fiche spectacle / Texte / Photos

État de guerre…

La querelle n’est encore d’actualité qu’en raison de la présente victoire objective et massive du capitalisme : qui des passions nationalistes ou des impérialismes peut être considéré comme cause première du conflit de 14-18 ? De toute évidence, les tenants de la responsabilité des premières à l’exclusion de celle des autres font œuvre de dédouaner à bon compte les nouvelles forces maîtresses du monde (qui n’ont du reste de bien nouveau qu’un appareil sémantique modernisé et des outils d’échange d’une puissance inédite) de la part écrasante qu’elles ont dans l’état passablement effrayant de la planète aujourd’hui.

Attribuer la durée exceptionnelle d’une guerre aussi féroce au benêt attachement du pioupiou franc-comtois aux terres perdues d’Alsace-Lorraine relève de la supercherie intellectuelle, voire de la duperie pure et simple. Les très récents attentats qui ont endeuillé la France, ont fait refleurir les drapeaux bleu-blanc-rouge aux balcons et relever le menton aux « va’t-en-guerre » passionnément attachés à favoriser les intérêts commerciaux des marchands de canons, ont montré, s’il le fallait, et sans aucun doute il le faut, que la première victime d’un état de guerre, c’est l’intelligence.

Soir de première, le 23 février 2016 à la salle Sabine Sani de la MJCI d'Aÿ…
Répétition du 10 février 2016 : de l'égorgement du Teuton expliqué aux enfants…
Premières lectures à la Capitainerie…

Vidéo(s) : Matteo Di Tullio & DA4P — 2016

Photographie(s) : Matteo Di Tulliio & DA4P — 2016

Découverte

Antoine, criant pour couvrir le bruit d'un char d'assaut. – Mon Dieu, qu’est-ce que c’est que cet engin ?

Le directeur, idem. – Un char d’assaut ! Le F-15 ! Tenez, tenez, venez, nous allons l’emprunter, nous serons plus vite rendus. Vite, vite, sautez ! C’est votre ami, Louis Renault, qui l’a conçu. Pas encore tout à fait au point, mais il y a de l’idée.

Le directeur saute sur le char et aide Antoine à grimper à son tour.

Antoine. – Mais où allons-nous exactement ?

Le bruit du char devient assourdissant.

Le directeur. – À Rossignol !

Antoine. – Comment ? Où ?

Le directeur. – À Rossignol ! (À propos du char d'assaut.) Ça secoue, hein ? Mais ça va partout. Et ça y va vite. Regardez, nous sommes déjà arrivés… (Le char stoppe un peu à l'arrière du front avec vue privilégiée, mais sûre, sur celui-ci.) Ah, il est là ! Allez-y, il vous attend.

Antoine saute du char et s'approche de Gomel.

Antoine. – Gomel ? Mais qu’est-ce que vous faites là, Gomel ? Vous êtes mort.

Gomel. – Là n’est pas la question. Ah, vous avez toujours été un peu rêveur, Antoine, toujours. Parfois, j’aimerais me reposer un moment, mais bon. Tenez, vous m’aidez ? (Tendant une pelle à Antoine, désignant le sol.) Il doit être quelque part par là, par ici. Il faut creuser. (Il se remet à creuser.) Attention, le sol est glissant. Puis c’est un peu salissant, mais je dirais que nous ne sommes pas à un peu de boue près, n’est-ce pas ? C’est sale, oui, c’est sale. C’est un champ de bataille, c’est un cimetière. Mais on voit trop facilement des ruines, les églises transformées en écuries, les écoles en hôpitaux… (Soupirant et retroussant ses manches.) Mais nous, nous, n’est-ce pas, Antoine, nous voyons bien ce que c’est en réalité. Ce mois-ci, vous avez vendu cent treize tonnes de lard, soixante mille cartouchières, cent cinquante mille obus. Et je n’ai pas encore les chiffres du charbon pour le semestre dernier, mais je suis sûr qu’ils sont bons, excellents même. Creusez, creusez par là, voilà, oui, par ici, c’est bien, il doit être par là, il doit être là, quelque part. (Gomel se remet lui-même à creuser.) C’était une idée de votre père, validée par le conseil d’administration. Enfin, un conseil élargi, bien sûr. C’était un peu après la bataille de Sedan, la chute de l’empire, quand Paris s’est mis en commune. Il a dit, et je m’en rappelle très bien, qu’on ne pourrait pas éternellement mater la contestation avec de simples opérations de police, aussi implacables fussent-elles. Et il avait raison. C’était un visionnaire. Ah, ah la la, comme j’aimais travailler avec lui ! Vous avez trouvé quelque chose ? Votre père disait qu’après les barricades, ce sont nos armes qu’ils utiliseraient, qu’on les verrait bientôt au parlement, qu’ils se feraient juristes, qu’ils investiraient les banques… Tout le monde riait, au conseil, tout le monde, ils riaient tous. Mais il avait raison, votre père. Et c’en a été fini de rire. Heureusement que… (Il reprend son souffle.) Heureusement qu’il avait tout prévu. Je ne suis qu’un modeste exécuteur testamentaire. (Il s'éponge le front.) Comme la terre est dure ! C’était une bonne idée, non ? La guerre. La guerre, ça remet les choses dans l’ordre. Je vais vous faire un aveu, Antoine. Malgré toute ma confiance, toute mon admiration pour lui, j’étais un peu sceptique. Je n’arrivais pas à imaginer que vingt millions de types dans la force de l’âge se précipiteraient pour crever comme des chiens dans la gadoue. Et puis si ! Si ! C’était magnifique, incroyable, dans les rues, cet engouement, cette ferveur, et puis leurs bonnes femmes qui les encourageaient, vas-y, Léon, on les aura. Ha ha ! Ha ha ! Vous savez ce qui me fait rire, ce qui me fait le plus rire, et ce qui aurait fait rire votre père ? C’est la trahison des socialistes. On a toujours besoin d’un bon traître. Mieux vaut parfois un traître pétochard chez l’ennemi qu’un fidèle ami dans ses rangs. Je ne suis pas sûr qu’il l’avait prévu, mais ça l’aurait fait rire, Dieu ce qu’il aurait ri. Tous ces sociaux-démocrates se rallier à l’union sacrée, tant ici qu’en Allemagne. L’union sacrée ! Traîtres et pétochards ! On dirait un titre de Flaubert. Votre père avait beaucoup d’humour, Antoine. Quel dommage que vous l’ayez si peu connu. Il voyait plus loin, toujours plus loin, toujours une vision d’avance sur nous tous. D’où cette histoire de petit caporal. Un homme nouveau. Transformé par la peur. Guidé par elle. Je ne sais pas si cela aboutira, mais en tout cas, l’expérience suit son cours, et pour ce que j’en ai vu, c’est plutôt intéressant, le petit Boche, là, il promet, il promet de grandes choses. Et puis il y en a d’autres. (Sifflet de train.) Il semblerait que votre train soit presque prêt. Tenez, tant que j’y pense, à votre retour, dès que vous arrivez, Antoine, s’il vous plaît, n’oubliez pas de signer les ordres de transferts de fonds, ils sont en souffrance depuis déjà trop longtemps, c’est regrettable, c’est… Mais enfin, vous n’avez jamais eu le goût des affaires. C’est comme ça, c’est comme ça. (Il tend un crâne à Antoine.) Tenez. Vous le cherchiez, non ? C’est lui. C’est Charles. Aucun doute. Il a les yeux de sa mère. Ah oui, évidemment, oui, c’est sûr que… Mais enfin, bon, voilà, Antoine, vous l’avez retrouvé. Il faut que vous y alliez à présent. Votre train va partir. Allez retrouver Armande. Vos rosiers. La poésie, le théâtre, la friture, la violette, tout ça. Allez. Allez. Et puis surtout, n’oubliez pas : les transferts de fonds. N’oubliez pas, Antoine. On compte sur vous. C’est important. Au revoir, Antoine.

L'Hebdo du vendredi — 10 février 2016

Le Diable à 4 pattes, une compagnie
créatrice de lien social

La compagnie Le Diable à 4 Pattes présente à la MJC, où elle est en résidence, sa nouvelle création « Machinerie 2 – Le Petit Caporal » dont Christian Termis est l’interprète. Faisant suite à la pièce précédente « Machinerie », c’est le personnage d’Antoine qui s’exprime dans un monologue lucide et saisissant. Parti pour le front en 1914, Charles son neveu a disparu. Une quête éprouvante commence alors pour cet homme de condition bourgeoise qui, au fil de son périple, change son regard sur ce conflit. Les artistes associés du Diable à 4 Pattes n’ont pas dérogé à leur méthode, à savoir, impliquer la population agéenne et environnante à la construction de leur travail. L’objectif primordial de la troupe est d’amener au théâtre ceux qui pourraient croire que cette forme d’expression ne leur est pas destinée. En travaillant de concert avec les associations locales et les habitants depuis 2006, la compagnie peut s’enorgueillir de mener à bien la mission qu’elle s’est fixée : aller au-devant des spectateurs, notamment des scolaires, et générer du lien social. Élodie Cotin, directrice artistique, confie que grâce à la démarche de la compagnie, des personnes qui se croisaient depuis 30 ans entretiennent désormais une véritable amitié. « Sur ce spectacle en particulier, nous avons à travers une approche didactique de la guerre, souhaité en dénoncer les rouages et décortiquer son processus. Nous avons pris le parti de parler de la guerre 14-18 mais nous aurions pu prendre l’exemple de tout autre conflit ; nous voulions surtout faire la démonstration de notre analyse et ouvrir le débat et la réflexion sur notre époque. »

P.C.

L'Union — 26 janvier 2016

À Mareuil-sur-Aÿ, la compagnie
du Diable à 4 pattes en immersion
dans la vie locale

La compagnie de théâtre présentera « Le Petit caporal » en février prochain. En attendant la première, l’heure est à la construction du spectacle.

« Cela devrait être eux, notre public », désigne Élodie Cotin en pointant du doigt un groupe de boulistes sur la place devant la mairie de Mareuil-sur-Aÿ. « Une vieille dame m’a dit qu’elle n’avait jamais osé aller au théâtre car elle ne savait pas comment s’habiller. C’est quand même fou de se priver par peur d’avoir l’air bête, car on a en tête cette image élitiste du théâtre », poursuit la comédienne du Diable à 4 pattes. Afin de casser ces préjugés, la compagnie, actuellement en double résidence au Parc naturel régional de la Montagne de Reims et à la MJC d’Aÿ, a décidé de s’immerger dans la vie locale.

En ce moment, Élodie Cotin, Christian Termis, comédien, et Mazda Mofid, directeur technique, s’affairent ainsi à construire Machinerie 2, Le Petit caporal à la capitainerie de Mareuil.  » On crée dans les communes mais pas seulement en utilisant les locaux mis à notre disposition. On associe les habitants en les faisant participer au spectacle mais aussi à la collecte d’histoires et d’objets. Ensuite, on réfléchit à partir de cette matière pour écrire une pièce de théâtre « , détaille la comédienne.

Cette fois, c’est Sébastien Weber, artiste de la compagnie qui s’est attelé à la tâche. Et si son texte n’a pas encore de fin, les répétitions ont déjà débuté. Tout doit en effet être prêt pour le 23 février, date de la première à la MJC d’Aÿ. « C’est un monologue qui demande un travail technique très poussé », note Élodie Cotin. Autour d’une tasse de café, sur la scène improvisée de la capitainerie, les comédiens décortiquent alors le texte. « On travaille les intentions de jeu, fait passer Antoine, le personnage, d’une humeur à l’autre, place les silences… C’est assez intéressant car le public qui déjà vu Antoine évoluer dans d’autres pièces, présentées à Vandiêres et Rilly, le retrouvera dans un autre contexte », développe Christian Termis. La compagnie donne ainsi un fil conducteur à son projet. Une démarche qui séduit. À l’image de Jean— Claude Faure, maître de chai et habitant de Mareuil, les comédiens amateurs qui ont participé aux précédents spectacles n’hésitent pas, en effet, à pousser la porte de la capitainerie pour connaître l’évolution du spectacle. Le public a, quant à lui, déjà commencé à réserver ses places pour le 23 février.

Margaud Déclemy

4 représentations


Le 27 février 2017 à 14 h 30
Théâtre de la Huchette, Paris

Le 5 mars 2016 à 20 h 00
À la Salle des Fêtes de Chamery (51)

Le 4 mars 2016 à 19 h 30
À la Salle des Fêtes de Ludes (51)

Le 23 février 2016 à 19 h 00
à la Salle Sabine Sani de la MJCI de Aÿ (51)

 
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