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Création
Créé le 27 février 2017
au
théâtre de la Huchette.
Texte de Sébastien Weber
Mise en scène de Élodie Cotin
& Christian Termis
assistée de Lou Mary
et Sébastien Weber
Avec Élodie Cotin
& Christian Termis
Costumes de Nataliya Latunova
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Texte

Un montage

Cette pièce est la combinaison des deux précédentes, Machinerie et le Petit caporal. En effet, il nous a semblé intéressant que les deux personnages partagent un même espace-temps, celui de la visite d’un hôpital militaire au moment où se presse une effrayante quantité d’ambulances charriant d’innombrables estropiés.

Armande est confondue avec un infirmière et mise au chevet d’un grand blessé ; Antoine se voit confiné dans la chapelle de l’hôpital et réduit à faire la conversation à Saint Georges, patron des cavaliers.

Extrait

Armande. – Ces deux-là ont pris le train à Épernay pour rejoindre leur régiment, où qu’il soit, je ne sais plus, et nous, nous sommes passés à l’hôpital suivant. D’hôpital en hôpital, de cantonnement en cantonnement. Et Charles n’est dans aucun d’entre eux, Charles n’est nulle part, Charles aura perdu la mémoire, il aura déserté — Mon Dieu, j’espère qu’il aura déserté.

Antoine. – D’une ville à l’autre, d’un hôpital à l’autre, les villages rasés, les ponts détruits, les routes défoncées, les hommes, surtout les hommes, extraordinairement abîmés.

Armande. – Nous avons voyagé en train, en charrette, en auto, à cheval, en autobus, à pied.

Antoine. – Première, deuxième, troisième région militaire, des hôpitaux dans tous les sens, casernes, hôpitaux, dispensaires.

Armande. – Nous avons voyagé sur les routes avec toute la jeunesse du pays, un barda sur le dos, le dos courbé et les yeux caves.

Antoine. – Les écoles, les lycées, les musées, les monastères, tout cela, tout cela réquisitionné, économie de guerre.

Armande. – À Châlons, j’ai vu des soldats sans joie attendre leur tour à la porte d’un bordel. Et quelques heures plus tard, j’ai vu les filles épuisées dormir affalées les unes contre les autres comme des bêtes sous la garde d’un gendarme. Tous boivent le même vin.

Antoine. – Chez madame d’Angers, comtesse, vingt lits au château, un accueil charmant, une femme dévouée, deux amputés boivent le thé sous la tonnelle.

Armande. – À Venteuil, un prêtre emmenait ses plus jeunes ouailles identifier des cadavres dans la forêt.

Antoine. – Quatre cents lits à la Chamoiserie de Lagny, trente-cinq à Saint Joseph.

Armande. – À Pourcy, nous avons bu du champagne en regardant le ciel rougi par les incendies.

Antoine. – À Noisiel, chocolaterie Meunier, cent cinquante places, blessures légères, on y fait de la gymnastique.

Armande. – Dans un village, pour se désennuyer sans doute, peut-être par habitude, des officiers avaient mitraillé un troupeau de vaches ; l’une d’elles n’était que blessée, personne pour l’achever.

Antoine. – Champagne-sur-Seine, on me signale trois grands brûlés méconnaissables à l’hôpital complémentaire de Luzancy.

Armande. – À Dijon, un brancardier m’a raconté que sur les champs de bataille les morts sont entourés de papiers, les lettres de leur mère, de leur fiancée, de leurs enfants ; les corps en putréfaction gonflent et font craquer la couture des uniformes, les lettres s’échappent et s’éparpillent.

Antoine. – « — Où sont les trois brûlés ? — C’est fini, monsieur, c’est fini, ils sont morts. » Morts et enterrés au verger dans le cimetière provisoire.

Armande. – À l’orée d’un bois, en sept minutes — j’ai compté —, quatre hommes ont empilé sur une charrette les corps de trente et un soldats ; ils étaient en bras de chemise, ils transpiraient, ils s’épongeaient le front, ils travaillaient vite ; à la fin, l’un d’eux a donné un coup sur la croupe du cheval ; le cheval est parti seul, les hommes ont repris une partie de cartes.

Antoine. – « — Et leurs noms ? On a trouvé leurs noms ? — Daguerre, Philippot, Lemortier. Je ne vous dis pas le merdier pour les identifier. »

Armande. – Dans un café à Vitry-le-François, j’ai chanté et dansé la moitié de la nuit.

Antoine. – « — Vous êtes de la famille ? — Non. Non. »

Armande. – À Lyon, tous les hommes que nous avons croisés durant deux jours avaient moins de vingt ans ou plus de quarante.

Antoine. – Alors, à quelle heure le prochain train pour Melun, pour Meaux, pour Orléans, Dijon, Toulouse, Marseille, Quimper, quelle heure ?

Armande. – Au Parc de la Tête d’Or, nous avons mangé des truites. Antoine a perdu treize kilos depuis août dernier. Je n’ai jamais eu aussi bon appétit. Et vous dormez.

8 représentations


Le 13 février 2018 à 14 h 30
au lycée Roosevelt à Reims

Le 6 février 2018 à 14 h 30
à la Salle de l'Albatros à Amiens

Le 4 décembre 2017 à 20 h 00
au théâtre de la Huchette à Paris

Le 2 décembre 2017 à 21 h 00
au théâtre de la Huchette à Paris

Le 29 avril 2017 à 20 h 30
au Foyer St Vincent de Trépail

Le 25 avril 2017 à 14 h 00
au lycée d'Avize

Le 24 avril 2017 à 14 h 00
au lycée Gustave Eiffel à Reims

Le 27 février 2017 à 14 h 30
Théâtre de la Huchette, Paris

 
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