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Éloge des loges

Le 25 mai 2014

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Les filles de Trépail…

Pour l’inauguration du Sentier des loges de vignes, le Parc naturel régional de la Montagne de Reims a demandé au Diable à 4 pattes d’interpréter une petite scène expliquant les tenants et les aboutissants de ce sentier pédagogique. C’est ainsi qu’à Trépail, au pied d’une loge de vigne fraîchement restaurée, en cette matinée du dimanche 25 mai heureusement ensoleillée, les randonneurs ont pu retrouver deux personnages déjà croisés lors du coup d’envoi de la résidence : Madame la Conseillère Municipale et Monsieur le Chargé de Mission. Tout en disposant les flûtes et les gâteaux apéritifs de l’inauguration, la Conseillère et le Chargé de Mission devisent et discutent de l’utilité des loges et de l’intérêt de leur conservation : ce qui semble évident à l’un paraît à l’autre relever de la lubie. Quoi qu’il en soit, c’est l’occasion d’évoquer le passé de ces loges et d’aborder la délicate question de la moralité des filles de Trépail, en tout cas telle qu’elle fut évaluée en 14-18 par les soldats de passage en ces lieux…


Extrait

LUI. — Mais quoi, vous, par exemple, vous y êtes attachée à ces loges, tout de même ?

ELLE. — Celle-ci ? Non. Celle de mon grand-père, là haut, oui. Mais c’est familial, c’est personnel. (À propos des coupes.) Non, non, non, non, pas comme ça. Laissez-moi faire, ouvrez les sachets plutôt — ça vaudra mieux. Qui ça intéresse, ma loge ? Trois planches, quatre clous, un banc délabré. C’est bon pour ranger la bêche, pour les pique-niques le dimanche, prendre un peu le frais, manger dehors. Et encore, les gamins : « Y a pas l’ordinateur ! Ça capte pas ! Je m’ennuie ! » Vous voyez… On s’en fiche, ce sont des vieilleries, tout ça. C’est quand même un peu de l’argent jeté par les fenêtres, si vous voulez mon avis.

LUI. — Tout le monde ne dit pas comme vous. Il y a des tas de gens qui y tiennent, qui s’y intéressent, qui veulent qu’on conserve quelque chose, même si ce ne sont que quelques traces. Un peu comme pour les soldats, là…

ELLE. — Mais bien sûr, les gens ont peur du temps qui passe. Ils se voient vieillir, ils se rendent compte que rien ne résiste, qu’ils vont tomber en poussière, qu’ils finiront par n’être plus rien qu’un vague souvenir dans la mémoire de leurs arrière-arrière-petits-enfants — et puis après, plus rien. Alors, évidemment, ça leur fait peur. C’est pour ça ! Ils se rattachent. Et comme ils n’ont pas de cathédrale sous la main, ce sera la cabane à outils du grand- père. Alors que, excusez-moi, mais quand même, bon, hein : une loge de vigne, c’est pas Chambord.

LUI. — Mais euh…

ELLE. — « Mais euh… » Vous voyez, j’ai raison.



Photo : l'Union

(Page spectacle : Le Bal des Conscrits)

 
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